Le Verdouble

Pensant qu'un mariage inauguré sans rime
Avait pourtant de la raison,
J'étais venu - sans peur que l'on m'en fasse un crime -
Sans nulle rime ni chanson.

Mais quand j'ai vu le nom de ce torrent qui double
La route Duilhac - Cucugnan -
Paziols et Tautavel (ce nom, c'est le Verdouble),
J'ai eu honte d'être faignant.

Quand le Verdouble ici grossit, coulant de source,
Je n'en ferai couler pas un ?
Une rivière aurait plus que moi de ressource ?
Cela n'a pas le sens commun.

Surtout que ce cours d'eau en miracles redouble
Et nous fait crier Hosannah !
Lorsqu'on vous verse un verre aussitôt le Verdouble :
Jésus fit-il mieux à Cana ?

Ce Verdouble qui rime et qui double et prospère,
Veuillez-y, Armelle et Pascal !
Ce beau fleuve d'amour s'endormira, pépère,
Si vous en faites un canal...

Soyez sel de la terre et lumière du monde !
Laissez l'eau vive aller son cours.
Que l'eau de vie Verdouble et que le vin abonde
Et que déborde votre amour.

Bernard Berthier

Pour Armelle Guy et Pascal Corpet ;
Écrit à Duilhac-sous-Peyrepertuse le samedi 21 août 2004,
Jour de leur mariage.

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